Technicentre SNCF : Le train de l’Atelier 57 peut en cacher un autre

Ses matériaux et ses formes modernes contrastent avec les autres bâtiments qui s’étalent tout au long de la rue Ferdinand-Mathias : l’Atelier 57 du technicentre SNCF d’Hellemmes prend forme. Près de 150 ans après la construction du site (en 1873), il mettra en œuvre les technologies et les outils les plus récents lui permettant d’entretenir
et rénover TGV, Eurostar, Thalys et autres matériels ferroviaires comme les TER, métros et tramways.

Rationnalisé, robotisé, aux normes environnementales les plus récentes, l’Atelier 57, qui voisine une activité ingénierie, serait ainsi le symbole de l’ « usine du futur ». Mais de quel « futur » s’agit-il ? Les modernisations d’autres technicentres n’ont pas conduit à l’amélioration promise des conditions de travail, au contraire. Et celle d’Hellemmes intervient au moment même où, via le projet de loi sur les mobilités, Emmanuel Macron et le gouvernement privatisent la SNCF, atomisent ses activités et la lancent à grande vitesse sur les voies de la concurrence. Ce qui signifie la fin du statut des cheminots, l’externalisation de leurs métiers, l’ouverture à la concurrence, la sous-traitance, la précarisation de l’emploi mais aussi le développement déjà constaté de la souffrance au travail. La maintenance serait sous-traitée à hauteur de 30 % tandis que la direction du matériel (trains, wagons, locomotives…) envisage l’externalisation de 30 % de l’ingénierie.


Ainsi, un train de modernisme peut en cacher un autre… Au-delà du technicentre d’ailleurs, la privatisation accélère l’abandon des « petites lignes », les fermetures de gares, démantèle ce qu’il reste du réseau ferroviaire, dont la concurrence ne voudra pas parce que jugé « non rentable ». Ce qui conduit à des absurdités comme l’abandon du « train des primeurs » entre Perpignan et Rungis (soit 50 camions de plus par jour sur les routes), à l’abandon de la ligne Orchies-Pont-de- Bois-Lille quand l’autoroute de Valenciennes est saturée. Des choix en totale contradiction avec la nécessité de de lutter contre le réchauffement climatique, la pollution, d’améliorer notre environnement et la santé publique. Il est révélateur que toutes les organisations syndicales, y compris celles qui étaient favorables aux réformes engagées sous les Sarkozy et Hollande, appelaient les cheminots à manifester le 4 juin dernier. Il est significatif que ces derniers aient reçu le soutien des communistes, représentés par Fabien Roussel, secrétaire national du PCF et Ian Brossat, tête de liste aux élections européennes. La bataille pour le service public ferroviaire continue.

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